Origine et histoire de l'Église Sainte-Marie
L'église Sainte-Marie de la Visitation, située dans le quartier Fauriel à Saint-Étienne, est une église paroissiale construite sur l'emplacement d'une chapelle primitive érigée en 1805. Entre 1808 et 1856, l'architecte Jean-Michel Dalgabio la reconstruit dans un style néo-roman, intégrant les vestiges de l'ancien couvent de la Visitation, fondé en 1621 par les visitandines. Ce couvent, transformé en dépôt de charbon après la Révolution, fut racheté par la municipalité en 1807 pour y établir une église paroissiale.
De 1856 à 1859, Étienne Boisson, architecte de la ville, mène des travaux d'agrandissement et embellit l'intérieur avec des peintures murales, tout en reconstruisant la façade entre 1859 et 1861. La décoration intérieure, réalisée entre 1924 et 1932, s'inspire du style byzantin, avec des fresques couvrant les pendentifs des coupoles, dédiées aux vertus de la Vierge. Les vitraux, ajoutés vers 1858-1860 par les ateliers Mauvernay (Saint-Galmier) et Barrelon-Veyrat (Lyon), complètent cet ensemble artistique.
L'église abrite un trésor religieux majeur : une Sainte Épine, relique envoyée par Saint Louis au Puy-en-Velay, rapportée à Saint-Étienne pendant la Révolution par l'abbé Borie. Cette épine, accompagnée d'une lettre manuscrite de Saint Louis, est conservée dans un reliquaire conçu par l'orfèvre Armand-Caillat et exposée dans la chapelle du Magnificat. Parmi les œuvres d'art, on compte deux toiles du XVIIe siècle et une peinture de Théodore Chassériau, toutes classées Monuments Historiques.
L'édifice, de type église-halle à trois nefs, se distingue par son chœur en cul-de-four flanqué de cinq absidioles rayonnantes. Les nefs latérales, voûtées en berceau, contrastent avec la nef principale couverte de trois coupoles. La décoration extérieure, marquée par de grandes fresques, et l'intégration partielle de l'ancien cloître dans la sacristie témoignent de son évolution architecturale complexe. Classée Monument Historique en 1994, l'église illustre l'architecture religieuse du XIXe siècle, mêlant influences néo-romanes et néo-byzantines.
Le site, occupé successivement par un couvent, une chapelle et plusieurs églises, reflète les transformations urbaines et religieuses de Saint-Étienne. La paroisse Sainte-Marie, créée en 1805, s'inscrit dans l'histoire industrielle de la ville, où le patrimoine religieux coexiste avec le développement économique du XIXe siècle.